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Le vrai domicile de l'homme n'est pas une maison mais la route,et la vie elle-même est un voyage à faire à pied. Bruce Chatwin

mardi 20 mars 2012

Cambodge Kep sur mer- Takeo du 16 au 17.03.2012


                                 Cambodge

Kep sur mer,le 16.03.2012


                                                            Il semblerait que notre paresse n'ait plus de limite,après un rapide conseil de famille décidons de passer une journée supplémentaire dans la paisible petite bourgade de Kep sur mer. Une journée à fondre comme neige au soleil à ne rien faire si ce n'est se laisser porter par le temps qui égrène tranquillement heures et minutes avant que le soleil déclinant à l'horizon nous annonce un nouveau jour à écrire au passé. Une journée où je me suis trouvée confrontée aux démons féminins de l'achat compulsif. Depuis bientôt 20 mois sur les routes,mes besoins bien souvent se confinent au nécessaire et à l'essentiel,pas de place dans mes valoches pour le superflu et pas forcément l'opportunité de trouver ce qui me ferait franchement plaisir. Mais voilà,l'Europe bientôt va venir à moi sous la forme d'Anaïs et sa petite famille,l'occasion rêvée pour me faire ramener les choses qui me manquent lorsque j'y pense et justement aujourd'hui j'y pense. La technologie de notre monde moderne est si bien faite qu'il me suffit de mon fidèle net book pour acquérir,via l'achat en ligne,les produits capillaires de la marque Sebastian, qui en ce jour me semblent presque nécessaires à ma survie,je pianote,je cherche,cela me prendra des heures avant que je ne localise les produits convoités,que je puisse loger ma commande,comment choisir tout me fait envie,je sélectionne ajoute,enlève,en même temps que le temps passe irritation et frustration augmentent de même que ma liste qui commence à être longue comme le bras,mais qu'importe je réussis enfin à finaliser le tout. Grand et pur moment de bonheur et d'euphorie,qui typique des achats compulsifs sera rapidement suivi par un sentiment de consternation,qu'ai-je fait,ai-je vraiment besoin de tout cela et maintenant que me voilà la tête sortie de mon ordinateur,je peux enfin visualiser tous les flacons à n'en pas douter encombrants et lourds qui devront prendre place à bord de mon bucéphale,je frémis en pensant à la juste réaction de ma moitié devant tant d'irrationalité. Fébrile je retourne à ma liste,annulant une partie de mes achats et ne conservant que ce que j'estime être le strict minimum. Devant les questions de Patrick je reste mutique et quelque peu honteuse,j'attends avec impatience le petit message qui me confirmera noir sur blanc que mes égarements ne furent pas définitifs!!!! On a beau dire,on a beau faire,liberté d'errance ou pas,je reste une femme et je ne peux empêcher les démons de la consommation de venir de temps à autres me titiller et m'ensorceler,mesdames,vous voilà donc rassurées, je fais toujours bien partie de la même race que vous!!!!








Takeo,le 17.03.2012
Etape: 105 kms

                                            Je peine à trouver le sommeil,mon esprit n'arrive à trouver le repos et cogite,décidément mon incursion dans le monde de la consommation,celui de nos envies,de nos besoins réels, m'a laissé interrogative et telle une usine à gaz,ma cervelle bouillonnera longuement. Questions éternelles,qui sans doute ne trouveront jamais de réponses,il suffit juste d'arriver à trouver un bon équilibre dans tout cela et le petit clic de ma souris me libérera du poids de mes inquiétudes(commande annulée)jusqu'à la prochaine fois!!!!! Au petit matin le ciel semble s'être mis au diapason de mes errances mentales,orage accompagné de pluies torrentielles,apportant une fraîcheur bienvenue qui ne sera que de brève durée.
                                                                                                                                                 L' inactivité devenant mère de tous les vices,c'est ravie et légère comme une plume que je me remets au guidon de mon bucéphale précédé par un poussin qui exulte pour nous élancer sur cette route qui toujours nous appelle,qui toujours nous procure ce bonheur ineffable,ce sentiment de liberté extrême et de plénitude,alors même si parfois quelques frustrations émaillent ma vie quotidienne qu'importe,car,malgré tous les artifices dont nous maquillons nos vies et nos personnes,nous courons tous vers une destinée commune, vieillesse, décrépitude,mort. Quelqu'un me dit un jour que peut-être l'éternité consistait à être assise jusqu'à la fin des temps avec comme seule possession le livre de ma vie que je n'aurais de cesse de lire et relire,depuis je m'efforce d'en remplir les pages afin de ne pas m'ennuyer le moment venu.
                                                                    
                                    Plus habitués à la charge de nos destriers,les premiers coups de pédale sur une petite route rurale bosselée et raccommodée se font hésitant et louvoyant. Un trafic quasiment inexistant,une campagne dans son ensemble assoiffée mais qui a retrouvé pour un temps quelque verdeur grâce aux pluies providentielles de l'aube,cocotiers,manguiers,rizières déjà moissonnées qui n'attendent que la saison des pluies pour pouvoir renaître à la vie. Campagne peu habitée,de temps à autre un patelin, maisons en tek sur pilotis rudimentaires,qui pour beaucoup ne connaissent pas encore le confort de l'électricité bien étriquées pour y abriter la vie désargentée de familles nombreuses. Dans les champs rôtis par le soleil,nombreux troupeaux de zébus tellement faméliques que je me demande par quel miracle ils réussissent à tenir debout sur leurs quatre pattes et plus encore à effectuer les lourdes tâches qui leurs sont assignées. Une pauvreté bien réelle qui ne rime pas avec désespoir ou tristesse,une population belle et enjouée qui nous hèle cordialement lors de notre passage,n'hésite pas à s'approcher de nous, curieuse, pour un brin de conversation,ici le contact est facile et spontané,douceur d'une population qui vit au rythme indolent de tous les pays écrasés par une chaleur accablante,ils doivent tous nous considérer comme des dingues à pédaler sous ce cagnard sans concession,suant,dégoulinant,langue pendante,nous ne sommes pas loin de penser comme eux.











                                             
                                    Le calme de notre balade bucolique est parfois interrompu par la traversée d'un village de plus grande importance,marché local,boutiques,gargotes qui nous permettent de nous sustenter malgré notre manque d'appétit,échoppes où nous trouvons le précieux liquide nous évitant le dessèchement total,dans l'une d'elle on m'y offrira une belle et grosse mangue. 
                                                                               Malgré la fatigue qui commence sérieusement à se faire jour au gré des kilomètres,mes fesses(mon shorty proche de la loque n'arrange sans doute rien) qui jamais ne semble-t-il ne s'habitueront à de long stage sur ma selle carnivore,je me sens heureuse d'avoir retrouvé un monde paisible dans lequel évoluer. Les panneaux indicateurs ne sont pas légion et trouver notre chemin, un challenge comme bien souvent,le nombre de kilomètres s'allongent au delà de ce que nous avions estimé,je nous soupçonne d'avoir une fois de plus pris la route d'enfants faisant l'école buissonnière.















                                                               Joyeuse animation,une brochette de poulettes maquillées à outrance,hélant le quidam de passage,marchands ambulants à bord de charrettes tirées par des zébus,marché nous annoncent en fin d'après-midi les faubourgs de Takeo,enfin!!!!
                                    











         
                                                                        Takeo,petite ville lacustre(40'000) habitants, moderne dans sa périphérie, son coeur une ancienne bourgade coloniale française,quelques belles maisons y témoignent d'une époque révolue,un beau petit marché,l'endroit me semble tout ce qu'il y a de plus plaisant. Bordée au nord par un grand lac et une immense zone inondable dans l'est. Nous trouvons un petit guest,chambre simple,une terrasse avec vue sur le lac,ses rizières verdoyantes,champs de lotus,une rivière et ses barques de pêcheurs colorées.

                                                               Nous retrouvons la saine fatigue d'une bonne journée de pédalage,avec la fraîcheur relative qui s'installe une fois la nuit tombée,nous sommes affamés comme des loups,trouver notre pitance une fois de plus,le parcours du combattant(il y a des jours où j'ai le sentiment de ne faire que pédaler et chercher à manger),mais nous ne serons pas déçus par notre trouvaille,des pâtes de riz froides,accompagnée d'une sauce aigre douce,de plantes aromatiques et de morceaux de porc. Dommage qu'une attaque en règle de moustiques,nous gâche les plaisirs de ce succulent repas.                










                                                               Après un rapide conseil de famille,nous décidons de laisser nos bucéphales dans notre petit guest de Takeo,afin de nous rendre dans la capitale  pour effectuer nos tâches administratives.

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